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Rappresentanza Permanente d'Italia presso l'Unione Europea


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Législation “post-Prestige”


Le 19 novembre 2002, le pétrolier Prestige a coulé au large de la Galice, entraînant derrière lui 77.000 tonnes de fuel lourd et provoquant une grave pollution des côtes espagnoles, françaises et portugaises, comme cela avait été déjà le cas en Bretagne trois ans auparavant avec le pétrolier Erika. A l’époque, plusieurs dispositions législatives avaient déjà été adoptées afin d’augmenter les normes de sécurité des transports de produits pétroliers par voie maritime. Un mois après la seconde catastrophe, le Conseil de l’Environnement et le Conseil des Transports ont immédiatement pris des engagements concrets afin d’adopter d’importantes mesures reprenant et développant les actes législatifs précédents, intitulés paquet “Erika I” et “Erika II”.
En particulier, le Conseil des Transports des 5-6 décembre 2002 s’est engagé à exhorter les Etats membres à :

• avancer les dates de retrait progressif des pétroliers à simple coque et étendre le CAS (renforcement des contrôles structurels) à tous les pétroliers âgés de plus de 15 ans
• introduire l’obligation de ne transporter les huiles lourdes (goudron, bitume, combustible lourd et pétrole brut lourd) que dans des pétroliers à double coque
• effectuer des contrôles renforcés sur la qualité des Etats d’accostage
• élaborer dans les plus brefs délais des plans visant à identifier des lieux de refuge pour les navires en difficulté
• soutenir la création d’un fonds d’indemnisation supplémentaire de 1 milliard d’euros doté d’un mécanisme de paiements rapide, qui sera opérationnel d’ici fin 2003
• procéder à la ratification des Conventions "Bunker Oil" et "Hazardous and Noxious Substances by Sea".
Conformément à ces conclusions, la Commission a présenté une proposition visant à accélérer le calendrier de retrait des vieux pétroliers à coque simple et à leur interdire de transporter du fuel lourd.
Au terme de longues discussions, le Conseil des Transports de mars a adopté un texte énonçant les principes suivants :
• application de la législation à tous les navires touchant les ports de la Communauté et battant le pavillon d’un Etat membre
• anticipation à 2005 du retrait progressif des pétroliers appartenant à la catégorie 1, et à 2010 des pétroliers des catégories 2 et 3 ; prorogation jusqu’à 2015 exclusivement pour les pétroliers des catégories 2 et 3 équipés de protections structurelles
• interdiction de transporter des huiles lourdes (pétrole brut lourd d’une densité supérieure à 900 kg/m3 et combustibles lourds d’une densité supérieure à 900 kg/m3 ou d’une viscosité cinématique de 180 cSt) dans les pétroliers à coque simple
• période de transition jusqu’à 2008 pour les pétroliers de 600 à 5000 tonnes
• obligation de procéder à des inspections approfondies des structures (CAS – Condition Assessment Scheme) sur tous les pétroliers à coque simple âgés de plus de 15 ans

Parallèlement, le Conseil a adopté une approche commune dont le contenu correspond au fond de la réglementation communautaire. Elle constituera une directive de négociation internationale pour les Etats membres lors des futurs travaux de l'OMI (Organisation Maritime Internationale), qui porteront sur la définition d’une norme globale.
En outre, la proposition concernant les dégazages illégaux en mer est actuellement en cours de discussion au sein du Conseil. Elle vise à infliger des sanctions, y compris pénales, à toute personne (non seulement l’armateur, mais aussi le propriétaire du chargement et la société de classification) responsable de la pollution par imprudence ou faute grave. Tout en partageant les objectifs qui sous-tendent cette proposition, le débat en cours s’attache à rechercher les instruments juridiques les plus appropriés pour parvenir à l’objectif fixé, en tenant compte du fait notamment que des aspects relevant du troisième pilier (droit pénal) sont en jeu.
En outre, une modification du règlement de l’Agence Européenne pour la Sécurité Maritime (AESM) est à l’étude afin d’étendre son rôle à la prévention de la pollution maritime et de soutenir l’action des Etats membres et de la Commission, en fournissant à cette dernière un support technique et scientifique adéquat. L’AESM siège à Bruxelles à titre temporaire, dans l’attente que le Conseil européen décide de son affectation définitive. Elle est déjà opérationnelle, le début de ses activités ayant été anticipé à janvier 2003.
Enfin, la Commission, qui jugeait extrêmement important de mieux défendre et représenter l’Union européenne au niveau international, avait demandé par le passé au Conseil un mandat de négociation permettant à la Communauté de ne plus être un simple observateur, mais un membre de plein droit de l’Organisation Maritime Internationale (OMI). Ceci lui aurait permis de promouvoir avec efficacité une révision du droit de la mer actuellement en vigueur dans le sens d’une sécurité accrue et d’une meilleure prévention de la pollution. Or, on n’est parvenu encore à aucun accord sur cette proposition, les Etats membres affirmant eux la nécessité d’une coordination meilleure et renforcée.
En conclusion, la sécurité et la protection de l’environnement constituent l’un des domaines où l’Union européenne est à l’avant-garde, se posant comme un moteur et un inspirateur des initiatives qui visent à assurer l’adoption de normes appropriées en matière de transport maritime, tant du point de vue de la qualité des pavillons des pays membres que des services portuaires de la Communauté.




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