Avec le lancement de “GALILEO”, l’Union européenne
a enfin opté pour la création de son propre système
de navigation par satellite, qui viendra s’ajouter à
ceux dont disposent déjà les Etats-Unis (GPS) et
la Russie (GLONASS). Ce système de positionnement et de
navigation par satellite, qui a été conçu
à des fins civiles pour affranchir à court terme
l’Union européenne de l’utilisation du GPS
américain, s’appuie sur 30 satellites mis en orbite
à 24.000 km d’altitude et capables de couvrir la
totalité du globe terrestre grâce à un réseau
de stations de contrôle au sol.
Grâce à cette structure, GALILEO apparaît comme
un système sûr, performant et garantissant le maximum
de précision et de fiabilité : en effet, GALILEO
sera en mesure d’identifier la position de tout objet, fixe
ou mobile, avec une approximation maximum d’un mètre.
D’ici quelques années, grâce à un petit
récepteur, chacun sera en mesure de définir sa position
avec une marge d’erreur infime. Il n’est dès
lors guère difficile d’imaginer les innombrables
applications possibles de ce système européen de
radionavigation : elles vont de la sécurité des
transports maritimes, aériens et terrestres à la
protection de l’environnement, en passant par le soutien
des services de secours et le développement de nouveaux
systèmes bancaires.
Le coût total de GALILEO est de 3.400 millions d’euros.
1100 millions concernent la phase de développement (2002-2005)
dont les deux tiers devront être couverts par le secteur
privé. Le projet est entré dans sa phase de développement
et est géré par une “entreprise commune”,
qui a pour membres fondateurs l'Union européenne et l'Agence
spatiale européenne. La phase de développement s’occupe
de la réalisation du volet spatial et terrestre du système
ainsi que du lancement des premiers satellites pour la mise en
fonction du système proprement dit. Le premier satellite
a été lancé avec succès le 28 décembre
2005. L’entreprise commune négocie pour l’instant
la concession du système avec le consortium issu de la
fusion des deux anciens consortium (iNavSat, avec Thales, EADS
et Immarsat et Eurely, avec Alcatel, Finmeccanica et ARNA) qui
étaient concurrents lors de l’offre de marché
public pour le choix du concessionnaire, qui devra assurer gestion
de GALILEO dans les phases opérationnelles successives.
On peut s’attendre à la conclusion des négociations
pour la fin 2006. Avant la signature du contrat, un rapport contentant
l’analyse objective des résultats, en particulier
les coûts finaux et la répartition des risques entre
les secteurs public et privé devrait être présenté
au Conseil.
Sur le plan institutionnel, en juin 2004, le Conseil Transports
a approuvé la création d’une Autorité
de Surveillance Galileo, qui assumera la propriété
du système après la dissolution de l’entreprise
commune et constituera l’interface publique du concessionnaire.
En décembre 2004, il a également défini l’éventail
des services offerts par le système (Service ouvert, Service
commercial, Service de sûreté de la vie, Service
de recherche et de sauvetage, Service Public Réglementé
– PRS -).
L’Union européenne n’a toutefois pas l’intention
de confiner son projet à l’intérieur des frontières
européennes, car elle est consciente de l’énorme
potentiel représenté par une utilisation combinée
de tous les systèmes satellites actuels. A cette fin, la
Commission a conclu avec les Etats-Unis un accord d’interopérabilité
et de compatibilité entre GALILEO et GPS et des négociations
sont en cours avec la Russie pour atteindre l’interopérabilité
avec le système GLONASS.
Deux accords de coopération ont aussi été
conclus avec la République Populaire de Chine et Israël,
qui ont même manifesté leur intention de participer
financièrement au développement du projet. La Commission
a également obtenu d’autres mandats de négociations
analogues avec l’Inde et l’Ukraine et prochainement
le Maroc.